Alimentation des femmes enceintes : mise en garde contre les métaux lourds

femme encuinte iau

Les futures mères seraient exposées aux divers polluants qui constituent leur environnement révèle Santé Public France. Dans son étude nationale, ce dernier a répertorié 13 métaux lourds dans les urines de 4 000 femmes enceintes âgées de 18 à 40 ans. Parmi ces substances toxiques, on a relevé du mercure, du plomb, de l’arsenic, ainsi que de l’aluminium dans les cheveux. Par la même occasion, ces chercheurs ont en profité pour analyser le cordon ombilical qui relie la mère à sa progéniture.

Santé Public France.

L’étude rendue publique ce mardi révèle ainsi la présence de nombreux métaux lourds dans l’organisme des futures mères, à l’exception de l’uranium. On retrouve du plomb et de l’arsenic chez toutes les femmes testées, ainsi que du mercure chez 91% d’entre elles.

« Tous sont cancérigènes ou suspectés d’être des perturbateurs endocriniens », indique le responsable de l’unité de biosurveillance à Santé Public France. Cependant, « on ne sait pas à quelle dose ils peuvent avoir un impact sur la santé de l’enfant et la mère », rajoute-t-il.

De l’arsenic et du mercure

Si l’exposition des femmes enceintes au mercure et au plomb a diminué au cours des deux dernières décennies, on peut se féliciter de l’efficacité des politiques de santé en 2000. « L’essence de plomb a notamment été interdite » au cours de ces dernières années », rappelle le responsable. Par conséquent, ces futures mères françaises sont plus exposées à l’arsenic et au mercure par rapport aux Américaines et aux Canadiennes. Une différence qui s’explique sans doute par la consommation accrue de poissons et de crustacés.

femme enceinte poissons

Dans ces aliments, la teneur en méthylmercure est élevée. Or, cette substance est toxique pour le système nerveux central, particulièrement au cours de son développement in utero et durant la petite enfance. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) ne recommande cependant pas de renoncer à ce régime alimentaire, car l’apport de la population est relativement inférieur à la dose tolérée définie par l’OMS. Au contraire, l’Agence préconise de manger deux portions de poisson par semaine en raison des bienfaits nutritionnels.

À consommer à une dose raisonnable

Laurent Chevallier

Le médecin nutritionniste Laurent Chevallier

Le médecin nutritionniste Laurent Chevallier soulève le doute sur le sujet : « L’étude de Santé Public France ne remet pas en cause ces recommandations. Les poissons comportent des omégas 3 indispensables au développement cérébral de l’enfant ». D’ailleurs, l’homme a été imprégné de ces polluants depuis toujours, essentiellement rejeté par l’écorce terrestre dans l’air. « Notre organisme est capable de les neutraliser en partie », rassure l’expert. La dose différencie d’une variété de poisson à une autre : par exemple, entre sardine et espadon, la sardine est moins contaminée.

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